Au commencement de mon visage
un sourire prend racine dans l'os
La moelle de l'os nourrit le vide
Mon ciel est le vertige de mon enfer
J'ai laissé une empreinte sur ta main
une empreinte d'eau du chamboulement des mers
Le feu d'un mots monte de la terre et du roc
il est la naissance d'autres mots
les mots de sèves et de sang

C'est le temps des yeux ouverts
La fougère encore timide
bientôt en fièvre
la mille amante des pins
Le printemps des forêts
abrite les verts naissants
aussi les jaunes jaunes

Tu es si loin
Ta parole est dans le vent du monde
Sur les ailes de tes yeux
de simples trace des incroyables tendresses
Ma voix n'est plus assez forte
pour que nous rions encore ensemble

Je reste l'inlassable promeneur
les fleurs naissent s’essaiment et meurent
Je voyage sur des passerelles vertes
au dessus des mystères des pierres

Tu sais le ciel brille d'étoiles
j'ai l'ombre de ces étoiles
au fond de ma poche
et ma poche est le langage de tes rêves...